La danse – un journal de bord de Stefan Neuwirth

Expérimentations dansées de l’espace public (4 septembre-18 décembre 2025)

Jeudi 4 septembre à 18h15 a eu lieu la première d’une série d’expérimentations dansées de l’espace public, ouvertes à tou·tes :

Je maintiens une archive des expérimentations.

J’ai mis en place un forum pour ces expérimentations : tu peux adresser tes éventuelles questions à experimentations.dansees@framagroupes.org.

Si tu tu veux être tenu·e au courant de ce projet, je t’invite à t’abonner à ce forum en envoyant un mail vide à sympa@framagroupes.org avec pour objet SUB experimentations.dansees (tu pourras à tout moment t’en désinscrire par un mail vide à la même adresse avec pour objet SIG experimentations.dansees).

Danseruna#8 (16-20 juillet 2025)

Le bal

J’aime les entrées en bal, la transition du corps social vers le corps dansant. J’arrive comme individu, je choisis ma place sur le plancher, je cesse de faire pour m’accorder à ce qui vient. Cette année, ma résolution est de considérer ce plancher comme celui d’une œuvre collective, le bal, en contraste avec le plancher de l’atelier ou de l’exercice : il ne s’agit plus d’essayer, de tester, mais d’inscrire dans chaque instant le ballet de nos corps comme manifestation définitive de notre être ensemble.

Ce qui vient, c’est l’intention de chacun·e d’ouvrir toutes les portes de ses sensations pour s’écouter et écouter les autres. L’immobilité initiale est vivante et communicative, prise dans un souffle commun comme un même vent qui nous agite comme les feuilles d’un même arbre. Avant la musique, une musique vibrionnante de respirations, d’ancrages, d’élévations, de choses qui lâchent. Lorsque la musique vient, nous sommes prêt·es, pour les danses collectives, pour les danses en couple, pour les compositions collectives.

L’état du bal est rotatoire : je tournoie autour de moi-même, nous tournoyons à deux sur un cerceau dont le centre est le centre imaginaire de notre unité, nous tourbillonnons sur le plateau du bal autour de l’œil du cyclone qui est un radeau en haute mer habité de réchappés. Le tourbillon rejoue à chaque fois la formation du système solaire dont le plateau est l’écliptique : il capte les masses gazeuses, flottantes, pour les entrainer dans un même mouvement. La force principale est centripète et nous maintient dans nos orbites, mais la complexité de notre ballet se manifeste dans la manière dont nous nous perturbons par chaque pas, chaque élancement de nos bras, chaque regard, par tous les liens qui unissent notre magma. Il a une vitesse, une température thermodynamique, une moiteur, une exubérance, une concentration, une joie communes.

Si le bal se présente extérieurement comme une succession de séquences avec chacune sa danse, sa musique, son énergie, ses participant·es qui reconstituent leurs constellations, son entrée en matière, son acmé, sa redescente, je participe intérieurement au soin collectif des transitions, ensemble avec les musicien·nes et les danseur·euses. Ce sont les moments les plus subtils et les plus beaux du bal, dans lesquels notre âme se manifeste vivement. Les instruments de musique, les voix y retrouvent le silence ou une forme de repos dissonant, organique, comme un accordage; les corps aussi. Encore davantage qu’au cœur de chaque séquence, les transitions me dansent, et le bal tout entier me danse.

L’image finale

Que se passe-t-il entre nos corps ? Nous sommes en contact par la peau, les regards, la terre qui nous porte, Nous nous organisons en filaments et carrefours, par ajustements successifs jusqu’à la place qui nous attendait, dans laquelle nous nous insérons comme une main dans un gant. C’est par le désordre que nos corps sont mis en jeu pour (re)constituer cette image finale. C’est par des artifices que nous approchons la vérité de notre humanité. La danse nous élève jusqu’à ce lieu où les différences, les altérités sont toutes accueillies dans le commun du mouvement.

Projet de danse improvisée (2025) : imprOgrOup cOrps explOrateur

Performance à Back to the Trees dans le bois d’Ambre à Saint-Vit le 28 juin 2025 de 23h à 23h35

Distribution : Christine Dorion, Jean-Marc Duvernay, Alva Gaudin, François Mignard, Stefan Neuwirth, Daniel Ratte, Enza Villetti.

imprOgrOup propose une performance improvisée
où le corps explorateur, en deçà de la parole et du vouloir,
entre en mouvement par les sens et la perception de la matière qui l’entoure.
Il se laisse envahir par le dehors, se laisse l’accueillir, et résonne à ce qu’il reçoit.

Compte rendu :

Cours expérimental de danse (2025)

Projet des 100 jours (2025)

Du 23 février au 2 juin 2025, j’ai posté chaque jour une nouvelle pensée dansée, une nouvelle petite danse des mots au gré de ma pensée.

Projet de danse improvisée (2024) : imprO grOup Te-x TUre-s

Performance et installation à Back to the Trees dans le bois d’Ambre à Saint-Vit le 15 juin 2024 : performance imprO grOup 19h-21h33 ; installation Te-x TUre-s 19h45-01h

Te-x TUre-s
Installation Te-x TUre-s (étape 2) le 29 juillet 2017.

Composition instantanée, éphémère, les corps résonnent aux mouvements, aux sons, aux matières de notre environnement humain, végétal, minéral…

Avec cet environnement, dans un processus individuel et collectif, nous créons une chorégraphie dans l’immédiateté par le jeu, la rencontre et le laisser advenir, chaque sens à l’écoute.

Des images se font, se défont, des liens se tissent en histoires multiples, métamorphoses du lieu en empreintes-mémoires. Issues du mouvement s’installent peu à peu l’immobilité, la trace, la suspension, la présence.

Si vous êtes intéressé·e·s ou encore dans l’indécision, venez nous rejoindre !

Ce projet est librement ouvert à quiconque sans engagement d’assiduité mais avec celui de participer au processus à sa manière propre. Il se poursuivra à des dates irrégulières dans des lieux clos ou dans la nature. Quiconque peut venir rejoindre ce projet à tout moment, ne fût-ce que pour la performance finale.

Cours expérimental de danse (2023-2024)

Nous avons creusé la thématique de la musicalité en danse par l’expérimentation. Les séances ont eu lieu tous les mercredis soir à 20h du 27 septembre au 13 décembre sauf le 1er et le 8 novembre.

Projet de danse improvisée (2023) : L’Un forme

Après avoir mené un cours de danse improvisée pendant toute l’année 2022, je propose un processus de création basé sur l’improvisation qui aboutira à une performance à Back to the Trees dans la forêt de Saint-Vit le 1er juillet 2023 à 19h. Il consiste à poursuivre la recherche sur l’improvisation en accordant une place à la musique et aux sons, humains et entonnés par la forêt, à accueillir nos recherches individuelles dans un processus collectif en mettant l’altérité au centre, à apprendre à se connaître et à connaître les autres. Ma piste reste celle du dépouillement pour dégager les éléments de la danse en gardant à l’esprit que les rayons du soleil, les gouttes de pluie, un battement d’aile, l’élancement d’un arbre sont nos maîtres dans le travail de notre incarnation.

Ce projet est librement ouvert à quiconque sans engagement d’assiduité mais avec celui de participer au processus à sa manière propre. Il se poursuivra à des dates irrégulières dans des lieux clos ou dans la nature.

Étapes :

Cours de danse improvisée (2022)

Voici les archives du cours (en cliquant sur un sujet vous accédez au compte rendu de la séance avec un lien vers les notes préparatoires) :

Le pied un furet (Le Moulin de la Grève, Le Tallud, 18 juillet 2020)

Le pied est un furet qui tâte, qui fraie son chemin, c’est une anguille qui redouble d’agilité pour trouver le sol. Il apprécie la rondeur, qu’elle soit dure, granitique, ou accueillante comme la terre glaise. Chaque pas est une installation, une construction, l’érection du corps au-dessus de cette surface d’appui. La marche est une mécanique bien huilée à laquelle tout le corps participe par des rotations au service d’un mouvement de translation uniforme. Le pied lui aussi est pris dans cette séquence et réclame toute l’attention du marcheur au moment où il prend appui.

Il oppose ses versants ondoyants aux accidents du chemin et est profondément conciliant. Il doit pourtant refuser les épines parce qu’elles ne font pas que piquer : elles se fichent dans l’épiderme et repartent avec lui ; au pas suivant, toute la zone qui entoure l’épine ne peut plus servir à construire l’appui, et le poids doit se répartir ailleurs. C’est pourquoi il faut s’arrêter, traquer l’intrus, le déloger pour que le pied retrouve la plénitude de son emploi. Ainsi, l’œil est aux aguets pour avertir du danger : les ronces des palisses ont-elles envoyé un avant-coureur vers le chemin, paré de grosses épines vertes ? Le chemin a-t-il été débroussaillé, les vieilles ronces ont-elles été déchiquetées et éparpillées en bordure ?

L’œil guide aussi le chemin entre les galets et les éclats pour que le pied se pose entre ces obstacles et accède au sol véritable. Chardons et ronces mis à part, la végétation accueille le pied avec douceur et bienveillance, et lui fait un lit le temps d’un pas. Parfois ce lit se présente comme un ruban de verdure continu, parfois il offre juste des îlots et il s’agit de sauter de touffe en touffe.

De même que la main ne montre que son dos lorsque la pulpe du bout des doigts explore une surface, les pieds ne montrent que leur dos pendant que la plante explore le sol. Le pas, c’est d’abord l’approche du pied vers le sol, la manière dont tout entier il cherche à se poser, à épouser le relief du sol pour recevoir le poids du corps avant de repartir et de rendre, comme un ressort, l’énergie emmagasinée.

Les doigts de pied participent au rebond, mais ils jouent un rôle bien moindre que le métatarse, qui se présente comme deux globes, un petit centré à la hauteur du quatrième doigt, un grand centré au-dessous du grand orteil.

Incontro a Luc-en-Diois (3-31 agosto 2019)

Archivio, raccolto in 75 giorni dal 2 settembre al 15 novembre 2019

Infinity in motion (Luc-en-Diois, 10 aout 2019)

Lettera a Lucia Palladino (1 settembre 2017) a propositio del suo laboratorio Landscape cartographies sulla Real time composition di João Fiadeiro a Berlino